Réforme du décret paysage : le début d’un mouvement étudiant ? Manifestation le 30 septembre
La rentrée académique 2025-2026, sonne comme une sentence pour des milliers d’étudiant·es. La réforme du décret paysage, portée sous la précédente législature par Valérie Glatigny (MR), entre en vigueur cette rentrée après un 1 an de gel de la réforme sous la pression étudiante et les mobilisations. Elle va exclure des études des milliers d’étudiant·es. Si aucun chiffre officiel n’est à l’heure actuelle disponible, selon la FEF, 15 000 étudiant·es sont potentiellement plus finançable à cause des nouvelles normes portées par la réforme du décret paysage.
1 000 étudiant.es ont manifesté leur ferme opposition au décret le 17 septembre face au gouvernement de la FWB. Seule réponse des autorités: des coups de matraque, du gaz lacrymogène et des arrestations racistes et violentes.
Alors que la manifestation était calme, la police a provoqué des tensions et des affrontements, après avoir gazé plusieurs étudiant.es massé.es devant l’entrée du gouvernement et frappé au visage un autre. Plusieurs étudiant.es ont été blessé.es à l’issue de l’intervention policière.
Les étudiant.es ont alors réagi en jetant des œufs et quelques projectiles qu’ils avaient sous la main sur les forces de l’ordre.
Un lourd dispositif a ensuite été mis en place et près d’une centaine de policiers antiémeutes ont été déployés. Une manifestation sauvage est parallèlement partie vers le siège du PS puis du MR, où une nasse a eu lieu ainsi que des arrestations racistes, dont notamment celle de l’un des représentants du mouvement, Gloire.
La manifestation du 17 septembre constitue un précédent dans la lutte contre la réforme du décret paysage en termes de mobilisation ainsi que d’intensité. La colère est grande et les étudiant·es ne comptent pas laisser leur avenir compromis par une réforme qui favorise tendanciellement les personnes issues des couches favorisées de la société.
En effet, cette réforme va surtout pénaliser les étudiant·es qui n’ont pas un parcours “parfait” ou les moyens financiers derrière eux. Ceux qui doivent travailler en même temps que leurs études, ceux qui sont les premiers de leur famille à entrer à l’université, les étudiant·es en situation de handicap ou encore ceux qui ont pris du retard ou ont dû changer de filière, … Autrement dit, ce sont les jeunes issus des milieux populaires et les plus fragilisé·es socialement qui seront sacrifié·es en priorité par la logique implacable du décret.
Il est donc probable que la manifestation du 30 septembre soit plus massive que la dernière et que les étudiant·es gagnent en détermination contre la réforme du décret paysage, alors que des milliers d’entre elles et eux commencent à en vivre les conséquences. Plusieurs centaines voire des milliers d’étudiant·es commencent à recevoir des courriers de non-financabilité en cette rentrée…
Sources :
Bruxelles Dévie, « 15 000 étudiant.es exclu.es des études ? », https://bruxellesdevie.com/2025/09/14/decret-paysage-15-000-etudiant%C2%B7es-exclu%C2%B7es-des-etudes/
« Décret Paysage, étudiants non finançables et colère étudiante face à la ministre Degryse : 5 questions pour tout comprendre », RTBF, https://www.rtbf.be/article/decret-paysage-etudiants-non-financables-et-colere-etudiante-face-a-la-ministre-degryse-5-questions-pour-tout-comprendre-11602560
