Palestine : La manifestation de samedi 12 avril attaquée

   

Ce samedi 12 avril, une centaine de personnes se sont rassemblées place de la Bourse à 19h, en soutien à la Palestine. Plusieurs collectifs appellent à se rassembler quotidiennement à 19h à la Bourse. Assez rapidement, un groupe d’ultras du Wydad AC (club de foot de Casablanca, au Maroc) ont rejoint le rassemblement pour craquer des fumigènes et entamer des chants en soutien à la Palestine. La manifestation s’est ensuite mise en mouvement.

Au croisement entre la Bourse et le Boulevard Anspach, un groupe de personnes extérieur au cortège a volé un drapeau palestinien. Des insultes auraient fusé en anglais. La situation s’est alors tendue et une bagarre a éclaté. Des chaises, des bâtons, des bières et des bouteilles en verre ont été lancés en direction de la manifestation, qui s’est défendue. Des enfants ont reçu des projectiles, des femmes portant le hijab se sont fait bousculer et insulter, au moins quatre personnes présentes dans le cortège de la manifestation ont été légèrement blessées. Des passant·es se seraient mêlé·es à l’altercation, puisque des insultes en français se sont fait entendre (alors que les premiers agresseurs parlaient en anglais).

La police est arrivée quelques minutes après le début de la bagarre. Elle s’est placé devant les agresseurs, boucliers et matraques vers les manifestants, et a ordonné à la manifestation de se disperser. Par son attitude, elle a de fait protégé les auteurs des violences, tout en intimidant les membres de la manifestation. L’un des agresseurs a été mis dans un fourgon par la police ; il semblerait qu’il se soit fait relâcher après que la manifestation ait quitté la Bourse. Le cortège s’est alors dirigé vers Lemonnier, suivi par un autopompe, des combis et des policiers en civil. La manifestation a ensuite bifurqué vers la porte de Hal et la place Bethléem, pour finir au Parvis de Saint-Gilles aux alentours de 21h30.

Si le motif de l’agression n’est pas connu, l’attaque est indéniablement islamophobe et pro sioniste, comme en témoignent les vols de drapeaux palestiniens et les insultes islamophobes. L’attaque a été d’une rare violence dans le contexte politique bruxellois, bien que la manifestation ait réussi à se défendre et limiter les dégâts. Le lendemain, dimanche, environ 400 personnes se sont rassemblées et ont spontanément manifesté jusqu’au Parvis de Saint-Gilles, sans encombre cette fois.

Les rassemblements spontanés organisés chaque soir par la communauté palestinienne de Bruxelles sont de plus en plus ciblés par une répression croissante, marquée par des actes d’intimidation et de violences systématiques. Si le mouvement de soutien à la Palestine semble déterminé à maintenir ces mobilisations quotidiennes, il est évident que ces violences visent à briser cette dynamique et à décourager les personnes mobilisées.

Sources :

Témoignages