Manifestation contre les Violences Sexistes et Sexuelles : Répression policière, une analyse

   

Ce dimanche 26 novembre, des militant·es ont été arrêté·es avant même le début de la manifestation contre les violences sexistes et sexuelles. Vers 13h30, les forces de l’ordre ont nassé, contrôlé et fouillé un groupe de personnes. Certain·es avaient collé des affiches et ont été identifié·es par des policier·ères en civil qui les avaient filmé·es pendant le collage. La police en a profité pour arrêter une quinzaine d’autres personnes, dont une journaliste indépendante qui filmait, et des militant·es qui avaient du matériel pour coller, mais qui n’avaient pas encore fait de collage.

Tout au long de la manifestation, la police a continué sur sa lancée répressive, en se focalisant sur deux blocs : le bloc révolutionnaire et le bloc en solidarité avec la Palestine. De nombreux·ses manifestant·es se sont fait contrôler et fouiller, la plupart des collages ont été arrachés, un manifestant s’est fait poursuivre pour avoir collé un sticker, d’autres pour avoir collé des affiches, une militante a été plaqué au sol, d’autres contre un mur, toutes les personnes arrêtées ont été prises en photo dans le fourgon policier, …

Ainsi, la police a élevé son niveau de répression de manière inattendue en adoptant une stratégie offensive. Les collages et les tags sont présents dans les manifestations féministes depuis plusieurs années, et les mobilisations précédentes n’avait pas été réprimées de la sorte. On peut alors se poser deux questions : « Pourquoi ? » et « D’où viennent les ordres ? ». 

Selon la lois c’est M. Close qui dirige les actions de la police dans sa commune. Il semble donc que le Bourgmestre du Parti Socialiste ait ordonné aux forces de l’ordre que les collages et les tags ne fleurissent pas le long de la manifestation féministe, quitte à arrêter préventivement des militant·es qui n’avait rien fait d’illégal. La banalisation de l’arrestation préventive est un danger pour les militant·es : elle permet l’arrestation avant même le début d’une action.

Pourquoi Close a-t-il ordonné de monter le niveau de répression ce dimanche ? D’abord, pour faire passer un message : vous ne collerez plus si facilement dans les manifestationsAutrement dit, faire taire un des moyens d’expression les plus communs des mobilisations féministes. 

Main dans la main, le Bourgmestre et les forces de l’ordre ont réprimé la manifestation de manière disproportionnée. Si empêcher les collages avait été le véritable objectif, il aurait suffi de confisquer le matériel. Dimanche, il était aussi question de faire peur, comme en témoignent les larmes de certaines personnes violentées ou arrêtées.

Ensuite, il semblerait que le bloc de solidarité avec la Palestine a fait peur aux autoritésC’était une des premières fois qu’un tel bloc se constituait dans une manifestation féministe à Bruxelles. Même si le lien n’est pas établi, il semble difficile de ne pas voir une relation entre ce bloc et l’importance de la répression. Le bloc a d’ailleurs été suivi et infiltré par des policier·ères en civil durant la quasi totalité de la manifestation, au même titre que le bloc révolutionnaire. 

Côté policier, le caractère préventif des arrestations est en tout cas assumé par la porte-parole de la zone de police Bruxelles-Ixelles : « Ces personnes ont fait l’objet d’une arrestation administrative à titre préventif. Ils étaient en possession de matériel pouvant être comme potentiellement destiné à dégrader des bâtiments publics. L’année dernière, plusieurs personnes avaient profité de la manifestation pour créer du désordre et apposer des graffitis sur le parcours ».

Côté politique maintenant, Philippe Close, Bourgmestre de la ville de Bruxelles, pointe la « détérioration de l’espace public », et explique : « Comment faire pour expliquer qu’une manifestation contre la violence faite aux femmes, aussi louable et importante que soit la cause, puisse coller sur des bâtiments publics, classés ou pas, et qu’une autre cause tout aussi louable ne pourrait pas le faire ? ». Face aux collages, c’est donc le choix de la répression qui a été effectué. Nous envoyons notre solidarité aux personnes arrêtées et violentées ce dimanche.