
Ce lundi 7 août, la direction de Delhaize annonçait les 15 premiers magasins qu’elle a l’intention de franchiser. En réaction, les travailleur·ses ont entamé un blocage sauvage du centre de distribution de Zellik. Quelques jours plus tard, le 11 août, plusieurs magasins étaient fermés ou bloqués. Le 12, une nouvelle action de solidarité était organisée au Delhaize de Boondael. Cela fait maintenant plus de 5 mois que le combat dure. Cette nouvelle offensive de la direction ne fera pas reculer les travailleur·ses.
À la suite du conseil d’entreprise du lundi 7 août, où la direction a annoncé les 15 premiers magasins qui seront franchisés, les syndicats ont déclaré « il n’y aura plus jamais de paix sociale chez Delhaize ». Les syndicats en front commun ont également annoncé un durcissement de la lutte dans les prochaines semaines. Le même jour, un employé de chez Delhaize a été licencié par la direction après une légère confrontation où il a frappé sur une porte qui s’est déboîtée. Selon la direction, il s’agit d’une « faute grave » qu’elle justifie en utilisant le motif de la « mise en danger d’autrui ».
« C’est la direction qu’il faudrait virer pour faute grave » commente Myriam Djegham (secrétaire nationale de la CNE), qui explique la colère des travailleur·ses après 5 mois de violence commise par la direction. Les collègues de la personne licenciée n’ont pas travaillé le lendemain, en solidarité.
En 5 mois, ce sont des dizaines de blocages et de rassemblements devant les enseignes de la marque qui ont été organisés par les travailleur·ses et leurs soutiens, ainsi que des grandes manifestations syndicales rassemblant des milliers de personnes et une série d’actions offensives contre l’entreprise. Les magasins ont été systématiquement recouverts d’affiches, taggués, dégradés et, parfois, les infrastructures ont été sabotées. La maison du CEO de Delhaize a même récemment été aspergée de peinture.
Ce qui se joue ici, c’est la constitution d’un rapport de force dans un conflit qui oppose des milliers de travailleur·ses à un patronat décidé à faire de l’argent sur l’appauvrissement de celles et ceux qui font tourner son entreprise. De son côté, le patronat a l’État, la police qui frappe les grévistes, les huissiers qui les menacent d’amende et la justice qui fait tomber des décisions contre le droit de grève. De leur côté, les travailleur·ses n’ont eux pas de police pour défendre leurs intérêts, pas d’institution judiciaire pour condamner les patrons, pas de zbires pour donner des amendes.
L’arme des grévistes se situe dans leur capacité à tisser un réseau de solidarité, à développer des connexions avec les autres luttes, à rallier la masse à leur combat, à faire perdre de l’argent à l’entreprise via les grèves, boycotts, blocages et dégradations qui coutent en réparation et en image à la marque.Il fut un temps – tout au plus il y a encore quelques décennies – où, lorsqu’une direction s’attaquait au droit des travailleur·ses ou à leurs acquis sociaux, elle prenait un risque considérable.
Ce risque qu’elle encourait lorsqu’elle s’attaquait aux acquis sociaux ou aux droits des travailleur·ses était, dans le calcul de la direction, mis en balance avec ce qu’elle gagnerait de leur précarisation et appauvrissement. L’établissement d’un rapport de force, c’est précisément faire comprendre à la direction de Delhaize qu’elle risque de perdre plus en continuant la franchisation, et qu’elle ferait mieux de reculer tout de suite. En tout cas, les travailleur·ses, elleux, ne reculeront pas.
Et vous, de quel côté êtes-vous dans le rapport de force qui oppose Delhaize aux travailleur·ses ?
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