Nouvelle loi européenne : vers une censure totale des « appels à la révolte » sur les réseaux sociaux

   

Dès le 25 août 2023, une loi visant à interdire toute forme de contenu qui appellerait de près ou de loin à la révolte depuis les réseaux sociaux devrait être mise en place à l’échelle européenne. L’annonce vient du commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton qui assure que les comptes qui ne respectent pas le « Digital Service Act » (DSA), seront bloqués dès le 25 août prochain.

Cette nouvelle législation supprimera et censurera tout contenu jugé « haineux », parce qu’il appellerait à la révolte ou à la dissidence mais ne concernera nullement les contenus racistes et sexistes, pourtant bels et biens haineux. La législation permettra d’imposer une amende aux utilisatrice·eurs qui ne respecteraient pas les règles mises en place et de supprimer les comptes concernés. 

En mettant en place une telle législation, les dirigeant·es européen·nes ne font qu’étendre des politiques autoritaires qui répriment les contestations qui sortent du schéma de la manifestation pacifiste classique. Désormais, la révolte sera tuée dans l’œuf et tout moyen de propagation ou de relais de celle-ci sera grandement entravé alors qu’au cours de ces dernières années les réseaux sociaux ont permis de rassembler des masse importantes de façons spontanée à des instants clés, notamment durant les périodes fortes des gilets jaunes en Belgique et en France.

Cette nouvelle législation tombe au lendemain des révoltes à la suite de la mort de Nahel, où les réseaux sociaux ont été une pièce maîtresse de la mobilisation. L’Etat Français a envoyé des unités d’élite dans les rues des grandes villes de France, utilisé des armes létales comme outil de « maintien de l’ordre » et mis en place des couvre-feux sur une partie de son territoire. Macron a aussi parlé de couper l’accès aux réseaux sociaux lors de moments de révolte trop intense1. Les logiques européennes et françaises vont dans le même sens : empêcher à tout prix les révoltes. 

Si de telles politiques de censures sont mises en place, c’est parce que la révolte fait peur à nos dirigeant·es et que ceux-ci sont prêt·es à tout pour protéger l’ordre, quitte à passer outre la liberté d’expression que l’on nous présente pourtant comme valeur fondamentale. Des sujets tels que la lutte des travailleur·ses de Delhaize ou ceux concernant le maintien de l’ordre néocolonial lors des émeutes dans le quartier Annessens et bien d’autres encore pourront potentiellement être jugés comme étant des appels à la haine. Mais ils ne sont que le reflet d’une société et d’un fonctionnement qui appelle lui même à la haine tant il est injuste. 

Nous devrons être plus créatif·ves que nos dirigeant·es pour empêcher l’entrave de certains relais d’information et de communication. Pour ces raisons, nous vous encourageons à utiliser des messageries cryptées comme Signal ou Telegram (utilisées par exemple pendant les révoltes d’Hong-Kong) même si leur fiabilité sera limitée dans le temps. Nous conseillons l’utilisation du navigateur Tor ou du système d’exploitation Tails pour un niveau de sécurité plus poussé. Afin de continuer de suivre notre contenu dans l’éventualité ou nos réseaux seraient censurés, vous pouvez consulter notre site web www.bruxellesdevie.com

Sources :

-? NANTES RÉVOLTÉE DEVIENT CONTRE ATTAQUE ! REJOIGNEZ NOUS ? – Nantes Révoltée (nantes-revoltee.com)

-Emeutes, violences : Thierry Breton est très remonté contre ces trois réseaux sociaux (presse-citron.net)

-Les réseaux sociaux vont-ils devoir modérer les « appels à la révolte » en France ? Thierry Breton confirme (clubic.com)

 1 Après les émeutes, les réseaux sociaux sont dans le viseur d’Emmanuel Macron: « Un dangereux précédent sur le plan démocratique » – La Libre (https://www.lalibre.be/international/europe/2023/07/09/apres-les-emeutes-les-reseaux-sociaux-sont-dans-le-viseur-demmanuel-macron-un-dangereux-precedent-sur-le-plan-democratique-PJLAT3GNVBEPDCYSMYM3GUSK7Y/)